Le Luxembourg Est Le Lieu Majeur De La Finance Islamique En Europe

« En tant que deuxième plus grand centre mondial pour les fonds et hôte de la principale Bourse du monde pour les valeurs mobilières, le Luxembourg est aujourd’hui un centre clé pour le développement de la finance islamique en Europe », a déclaré Tom Theobald, directeur général adjoint de Luxembourg for Finance (LFF ), lors d’un récent atelier sur la finance islamique LFF organisé en partenariat avec QInvest, une des plus grandes institutions mondiales de financement islamique à travers le monde. Cet atelier a réuni environ 120 professionnels des fonds d’investissement, des banquiers et des cabinets d’avocats locaux et internationaux.

Des actifs devenus populaires bien au-delà du monde musulman

La propagation de la finance islamique sur les marchés occidentaux au cours des 30 dernières années démontre qu’elle est désormais considérée par les investisseurs, les institutions financières et les organismes de réglementation comme une alternative viable aux produits conventionnels. Le cabinet de conseils et de comptabilité Ernst & Young estime que les actifs bancaires islamiques ont augmenté à un taux annuel de 17,6% entre 2009 et 2013, et va croître en moyenne de 19,7% par an au moins jusqu’à 2018. Cela montre que la finance islamique s’est démocratisée à l’échelle globale. Le capital islamique a stimulé la croissance des produits conformes à la Charia (loi islamique) qui prennent plusieurs formes mais ne peuvent guère payer ou percevoir des intérêts ni investir dans des biens et services que l’Islam interdit (alcool, porc, jeux de hasard ou encore pornographie). Dans un prêt hypothécaire islamique, au lieu de prêter de l’argent à une personne qui achète une propriété, la banque achète le bien immobilier. Le client peut alors soit le racheter à la banque à un prix plus élevé payé par versements (murabaha) ou effectuer des paiements mensuels à la banque comprenant à la fois un remboursement du prix d’achat et de location jusqu’à ce qu’il possède la propriété pure et simple (ijara). Le principe étant de partager les risques de l’investissement entre la banque et le débiteur.

Contrairement aux titres traditionnels, les titres Sukuk sont structurés de manière à ne pas payer d’intérêt en impliquant un actif tangible dans l’investissement. Par exemple, en accordant une propriété partielle d’un immeuble construit par la société d’investissement au propriétaire du titre, qui empoche le loyer comme rente. À l’expiration du Sukuk, les paiements du loyer cessent. Ainsi, un détenteur de sukuk ne prête pas techniquement l’argent à l’émetteur; il possède plutôt une part nominale de l’actif dans lequel a été dépensé et reçoit des revenus non pas de l’intérêt mais du bénéfice généré par cet actif ou du loyer versé par l’émetteur. Le but de ce processus est d’exclure l’intérêt cumulatif (c’est-à-dire l’argent générant des revenus par lui-même) de tout gain financier.

Avantages de la finance islamique

Toutefois, cela ne signifie pas que la création et la croissance lucrative ne sont pas objectifs des entreprises financières islamiques. Ils choisissent tout simplement d’investir dans les entreprises en fonction de leur potentiel de croissance et de succès. Voilà pourquoi chaque banque dans l’industrie bancaire islamique investit dans des entreprises prometteuses et tente de surpasser ses concurrents, afin d’attirer plus de fonds de la part de ses épargnants. Ce qui aboutit à un rendement élevé sur les investissements à la fois pour la banque et les

déposants tandis que dans une banque classique, les déposants engrangent des gains sur leurs dépôts basés sur un taux d’intérêt prédéterminé. En outre, les sociétés de financement islamiques approchent les projets d’investissement de façon très prudente et réfléchie, par la réalisation d’audits et d’analyses intensives et la mise à l’écart opérations trop risquées. Par conséquent, la finance islamique promeut la réduction du risque et permet une plus grande stabilité des investissements.

Populaire et prometteur au Luxembourg

L’intérêt pour l’industrie financière islamique est due à son potentiel de croissance. En tant que plus grand hébergeur de fonds islamiques de la zone euro, le Luxembourg est un véritable hub mondial de cette industrie. Le Grand-Duché a une histoire de l’innovation dans ce domaine car il a accueilli la première institution financière islamique d’Europe en 1978 ainsi que la première compagnie d’assurance conformes à la Charia (Takaful) sur le vieux continent en 1983. Toujours à la pointe, le marché boursier de Luxembourg a été le premier en Europe à émettre un sukuk en 2002, et depuis cette date, la Bourse de Luxembourg a inscrit pas moins de 16 sukuks. Ainsi, il est évident que l’industrie des services financiers au Luxembourg se tourne vers la finance islamique comme un moyen de diversifier ainsi que d’attirer des capitaux et des produits. Son potentiel de croissance est élevé: d’ici 2018, les actifs bancaires islamiques pourraient atteindre environ 3,4 trillions de dollars.

By | 2017-05-09T18:04:25+00:00 January 25th, 2016|Corporate Financing|